1er Bulletin mensuel d'information - Mars 2010

Le GDP lance son école de formation politique

Depuis le Samedi 12 Février 2010, la Cellule de formation politique du Groupement pour la démocratie et le progrès a lancé ses activités par la tenue d’une conférence avec pour thème, les individus au sein du parti.
Ainsi, depuis ce jour on note plusieurs conférences animées par la cellule et la dernière à ce jour fut le Samedi 27 Mars avec pour thème : les mécanismes et règlements d’organisation au sein du GDP.

Le message de la cellule :

Vous êtes attaché à la primauté de la personne, et aux valeurs de liberté et de responsabilité.

Vous refusez que la Côte d'ivoire soit paralysée par l’absence de réformes.

Vous pensez qu’il n’y aura pas de renouveau de la classe politique sans renouvellement de la classe dirigeante.
Vous voulez approfondir vos convictions et apprendre à mieux les promouvoir…

Le GDP est fait pour vous !

Formons nos militants pour redresser la Côte d'ivoire

La formation du GDP part d'un triple constat : la sclérose économique et le relativisme moral confisquent l'avenir des générations futures ; le pays est verrouillé par la lâcheté et la tyrannie des vieux partis politiques ; la population, résignée, ne croit plus en la politique.

Les éléments de ce constat sont largement partagés. Certains attendent que le changement vienne d'un homme providentiel, d'autres fondent leurs espoirs sur l'effondrement du système, qui obligerait enfin à reconstruire. Cependant, c’est avant tout sur les citoyens qu’il faut compter pour amorcer le renouveau politique. Comme disait Einstein, « on ne règle pas les problèmes avec ceux qui ont contribué à les créer. »

Partant de ce constat, le GDP doté de convictions solides et de nombreuses expériences de terrain a décidé de former ses militants

Le GDP forme les jeunes aux idées et à l'action politiques.

Le GDP s'adresse aux jeunes attachés à la primauté de la personne, et aux valeurs de liberté et de responsabilité. Le GDP est une association à but non lucratif.

Le GDP organise régulièrement des formations sous forme de séminaires et de conférences dédiées à ses militants
Le GDP forme ses militants aux idées et à l'action politique. Il organise à cette fin des séminaires intensifs dédiés aux militants.

Les séminaires de formation du GDP visent à stimuler l'engagement de ses militants, à leur offrir la possibilité d'approfondir leurs convictions, et à leur permettre de promouvoir leurs idées grâce aux techniques d'argumentation et d'organisation.

Les séminaires du GDP permettent aux militants :
De mieux connaître les fondements intellectuels de leur famille politique ;
D’améliorer leur pratique de l’argumentation oratoire D’acquérir les connaissances de base de l’action associative & politique.
Les séminaires apprennent également à Agir sur un campus universitaire, s’exprimer en public, créer et financer un projet associatif ou politique, développer un réseau associatif, attirer l’attention des médias, faire pression sur les décideurs…


Mon point de vue

La politique politicienne et le développement de la Côte d’Ivoire

Au départ, nous avons échoué à donner un sens à la politique. On n’avait pas une culture politique. Le politicien devait être un nanti pour pourvoir aux besoins particuliers des populations, aux dépens de l’intérêt général car on ne percevait pas le développement comme un produit de la politique. Les hommes politiques en ont profité pour recruter des militants avec l’argent.
En fait, c’est le système politique même qui a permis cela. Prenons l’exemple du P.D.C.I. qui a dirigé le pays pendant quarante ans. Pour renouveler les instances du parti, les responsables procèdent à ce qu’ils appellent le "placement des cartes". Théoriquement cela veut dire que le parti met en vente des cartes de membres sur l’ensemble du territoire à l’intention de tous les militants et sympathisants. La carte acquise donne le droit de vote au sein du parti dans la mesure où elle est la preuve de l’adhésion au programme et à la structure. Ainsi, le militant ou sympathisant pourra investir la personne de son choix dans sa localité.
En pratique, les militants et sympathisants n’ont jamais acheté de cartes. Le candidat à l’investiture est celui qui achète autant de cartes que lui permet sa bourse, puis il les "place" auprès des militants et sympathisants, avec bien sûr un peu d’argent pour que ceux-ci prennent les cartes et votent pour lui le jour des élections.
Puisque au départ ces militants ont reçu de l’argent, ils ne voient plus que cela et en font la règle du jeu. A chaque fois qu’ils ont des problèmes sociaux, ils vont voir le leader politique. Ce dernier se sent également obligé de satisfaire les demandes sociales parce qu’il va se dire que s’il ne le fait pas, les militants concernés vont aller vers d’autres leaders du même parti ou simplement vers d’autres partis politiques.
Donc c’est faussé dès le départ. C’est mal parti. C’est tout un système qu’il faut changer et malheureusement depuis l’alternance politique à la tête de l’Etat vous constatez comment les gens adhèrent au parti du nouveau Président. Et ce n’est pas par conviction, sinon ils l’auraient fait auparavant. Ils le font par intérêt. Au palais, les militants vont et viennent comme au marché, et à chaque groupe le Président de la République donne une somme d’argent qu’ils appellent pudiquement "le prix du transport". Dernièrement des militants se sont même battus au palais pour cet argent.
Les mentalités sont sous-développées ; il faut changer les mentalités. Que les gens élisent des hommes politiques qui vont penser et oeuvrer au développement et non pour qu’ils leur paient leurs factures et leurs ordonnances.
Sinon, on doit se poser des questions. Un maire qui a 500.000 FCFA d’indemnité mensuelle et qui doit assister chaque citoyen pour ses cérémonies familiales et ses charges sociales, comment va-t-il s’y prendre ? S’il est rigoureux, il épuise ses indemnités et n’a plus rien à donner, ou bien il cherche d’autres moyens même illégaux pour répondre aux sollicitations individuelles. Le pire est que tout homme politique vous dira qu’il est obligé de le faire sinon un autre le fera et gagnera les élections.
Prenons maintenant l’exemple d'Alassane Dramane Ouattara, actuel président du R.D.R qui a occupé d’importantes fonctions dans l’appareil d’Etat, avant d’être Directeur Général Adjoint au F.M.I. Ce sont les populations qui l’ont pressenti et réclamé comme Président de la République et les politiciens du R.D.R.sont allés le chercher. On peut penser que cette demande se fondait sur les compétences et l’expérience de l’homme pour résoudre les problèmes de la Côte d'Ivoire. En fait, les populations pensaient davantage que ces hautes fonctions lui avaient donné assez de richesses pour qu’il puisse les assister socialement. C’est un mal ivoirien, on ne pense pas à l’intérêt général, on ne pense qu’à soi."
Si la politique est communément perçue comme un art et une valeur de gestion de la cité, c’est précisément en raison de sa finalité qui est d’assurer à tous et à chacun le bien être auquel tout être humain peut légitimement prétendre lorsqu’il passe de l’état de nature à la vie sociale, comme dirait Rousseau. Assurément, la réalisation de cet objectif suppose à tout le moins un sens de la vie en société, une conviction, un choix et une morale. Ces prés requis renvoient de façon générique à l’intérêt général, à la citoyenneté, à la liberté et aux vertus.
En Afrique et en Côte d'Ivoire, en particulier la politique est une négation de tout cela. Ici, la politique joue contre le développement. D’abord, les rapports de l’individu avec la politique sont faussés. Dès le départ, nous avons deux groupes en présence. Le premier groupe formé par les politiciens inscrits dans une quête effrénée de pouvoir et d’argent, et décidés à profiter de l’Etat et de la politique à des fins personnelles. Le deuxième groupe constitué par les populations nécessiteuses aussi bien en avoir qu’en savoir, et préoccupées par les problèmes de survie au quotidien. Le premier point de contact entre ces deux groupes est l’argent. Comme l’illustre cette expérience, il faut avoir de l’argent pour se faire élire à la base. Il faut toujours de l’argent pour fidéliser les militants. L’argent devient ainsi l’élément fondateur et régulateur des relations entre le politique et le citoyen aux dépens d’un projet de société profitable à tous parce que tourné vers le développement collectif et le bien être individuel. Ce clientélisme politique et ce chantage social sont "institutionnalisés et officialisés" en Côte d'Ivoire. En effet, le salaire des députés étant passé du simple au double dernièrement, le Président de l’Assemblée Nationale, et avec lui toute la classe politique, justifiaient cette situation par la nécessité pour les députés, hommes politiques, de répondre à la demande sociale des militants. A un autre niveau, c’est à dire à la Présidence de la République, il est notoire que la "caisse noire" est généreusement distribuée aux zélateurs et courtisans du régime. De manière générale, le "débauchage" d’un homme politique par un parti concurrent est toujours monnayé à coup de millions.
Dans un tel contexte, que peuvent bien valoir une conviction, une idéologie, un projet de société ou un engagement collectif ? Rien ! Absolument rien.
Il s’ensuit que la politique est par définition le domaine du faux, du mensonge, de la tromperie et de la trahison. Bref, c’est le domaine de la non vertu, du profit individuel et de l’enrichissement illicite impuni. Cette conception est d’autant plus partagée qu’en Côte d'Ivoire, les produits des faussaires (en bijouterie, en artisanat par exemple) sont appelés "politiques". C’est dire toute la connotation attachée au mot en raison de la pratique. Aussi, est perçu comme un déviant celui qui affirme que les choses doivent se passer autrement.
Tant et aussi longtemps qu’il en sera ainsi, la politique sera l’obstacle principal aux progrès des sociétés africaines. C’est certainement cela qui a probablement amené certains à se demander "si l’Afrique refusait le développement".
En restant attachés certes à nos convictions, mais aussi à rester humbles pour pouvoir accepter les meilleures propositions venant d’autrui. En donnant à chacun ce qui lui revient et éviter des pratiques comme le clientélisme, le népotisme, et la corruption. Et s’il nous est donné la chance de diriger, nous nous devons l’obligation morale de respecter les intérêts du peuple, de les sauvegarder et de les promouvoir pour qu’ensemble nous marchions vers les chemins du développement économique, politique et social. Lequel développement passe inévitablement par le culte et l’attachement à l’humain qui est en nous, mais aussi par notre propre conscience de l’activité politique dont Vaclav Havel nous donne ici une des caractérisations les plus nobles :

« La vraie politique, la seule digne de ce nom, et d’ailleurs que je consens à pratiquer, est la politique au service du prochain. Au service de la communauté…Son fondement est éthique, en tant qu’elle n’est que la réalisation de la responsabilité de tous et envers tous…Celle-ci se nourrit de la certitude, consciente ou inconsciente, que…tout s’inscrit pour toujours, tout s’évalue ailleurs, quelque part « au-dessus de nous », dans ce que j’ai appelé « la mémoire de l’être », dans cette partie indissociable du cosmos, de la nature et de la vie que les croyants nomment Dieu et au jugement duquel tout est soumis… M’efforcer de rester en toute circonstance courtois, juste, tolérant, compréhensif et en même temps incorruptible, infaillible. Bref m’efforcer de rester en accord avec ma conscience et avec mon meilleur moi doit être notre apanage et celui de l’ensemble des militants du GDP car rien d'autres que les actions engagées pour autrui doivent permettre à la politique d'engager le développement. Seul aspect fiable et viable pour un homme politique.
Une analyse de TORNA Wilfried