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10 Mai 2010
Politique ivoirienne, le GDP veut innover
Le groupement pour la démocratie et le progrès, vous connaissez ? C’est le parti du ministre Adama Coulibaly Nibi Zana, ex-membre et N°2 du RDR d’Alassane Dramane Ouattara (le Rassemblement des Républicains), réduit à sa plus simple expression au sein dudit parti par ses responsables pour avoir accepté de travailler avec Henri Konan Bédié en tant que ministre des transports, à l’époque.
On se demandait où il était passé et surtout ce qu’il devenait, par ces temps d’incertitude où la politique du ventre paie bien à Abidjan ? Eh bien ! Ceux qui avaient vite jugé Nibi Zana devront se raviser en apprenant cette nouvelle, l’homme est resté lui-même là où de nombreuses autres personnes ont fait le virage à 180°. C’est-à-dire qu’Adama Coulibaly est resté humble, lucide et fidèle à son choix de faire travailler ensemble les enfants de cette nation pour une Côte d’Ivoire modèle de développement en Afrique. Et pour partager sa vision afin de réaliser son rêve, il milite au sein du Groupement pour la Démocratie et le Progrès (GDP), ce parti politique qu’il a fondé avec d’autres frères venant d’horizons divers.Ce que ne font pas ses prédécesseurs. «Nous allons apporter le bien vivre aux Ivoiriens», a indiqué le président. Tout en promettant de donner un contenu réel à cette notion lors du lancement officiel des activités du parti, qui seront axées sur la sensibilisation, mobilisation et les meetings. Pour l'heure, il pense qu'il faut s'atteler à «l'implantation du parti sur tout le territoire national».
S'agissant de l'élection présidentielle, Coulibaly Adama Nibi Zana n'a pas indiqué clairement s'il serait candidat ; s'en remettant à la décision des militants. Néanmoins, il se veut pragmatique. «Nous ne sommes pas pressé et nous sommes pour la realpolitik ; qui veut dire que nous sommes réaliste», a-t-il ajouté.
En ce qui concerne ses rapports avec le Rdr, son ancien parti politique, il estime que cela relève désormais du passé. «J'ai dû demander pardon pendant dix ans pour ma réhabilitation sans succès. Convenez que c'est beaucoup !».
Cependant, il promet de garder les liens de fraternité et d'amitié avec ses anciens amis membres de la direction de ce parti.
Source fraternité Matin14 Juillet 2008
Interview Adama Coulibaly Nibi Zana (Président du GDPCI) - "Pourquoi j'ai créé mon parti politique"
Vous êtes un membre fondateur du RDR. En 1998, vous avez été exclu de ce parti suite à votre entrée au gouvernement sous M. Bédié. Dix (10) ans après, vous décidez de créer un parti. Que recherchez-vous au juste à travers le GDPCI ? C.A.N.Z : Je recherche une Côte d’Ivoire que nous avons perdue et que nous n’aurions jamais dû perdre. Je voudrais que toutes les filles et tous les fils de ce pays comprennent la politique comme un jeu où chacun propose aux Ivoiriens sa vision future de notre pays et accepte en retour, si les compatriotes n’adhèrent pas à son projet, de l’améliorer pour de prochaines échéances. Je pense avec tous ceux qui ont choisi le GDPCI que c’est ce que nous recherchons.
Il nous est revenu que des pourparlers étaient engagés entre vous et le RDR. Qu’est-ce qui n’a pas marché pour que vous décidiez de créer votre parti ? C.A.N.Z : Je pense que c’est toujours avec regret que l’on part comme c’est le cas et surtout quand vous avez porté le bébé à bout de bras et que vous êtes contraint de l’abandonner au moment où vous pensez qu’il a plus besoin de vous. Mais c’est ainsi la vie et en bon croyant, tout ce qui est arrivé je prends cela comme mon destin. C’est d’ailleurs pour cela que je voudrais dire à mes compatriotes avec lesquels j’ai mis le RDR en route, gagné le cœur des Ivoiriens et fait de ce parti jusqu’à ma radiation ce qu’il était, que je resterai à leur disposition et mieux, s’ils pensent que notre contrat doit continuer parce que moi j’y crois, alors le GDPCI est là et les attend. Cela fait dix ans que j’ai été radié. Mais je pensais que l’on s’était trompé sur mon cas. De plus, l’argument qui avait prévalu selon lequel j’étais allé au PDCI n’étant pas vérifié, j’espérais alors que la direction du RDR reviendrait sur sa décision de radiation. J’ai dû demander pardon pendant dix (10) ans pour ma réhabilitation sans succès. Convenez que c’est beaucoup ! Dès lors la solution pour moi résidait dans l’abandon de mon entêtement à demander pardon vainement et libérer tout le monde car la direction n’aura plus à me supporter et moi je serais libre de mettre à la disposition du peuple de Côte d’Ivoire ce que je sais faire. Mais je pense que quiconque demande pardon à Dieu dans la sincérité, notre créateur ne mettra pas un an sans lui donner des signes d’espérer. Alors je souhaite que l’on tourne la page parce que moi je l’ai fait avec la création de mon parti. Je n’en veux à personne et nous restons toujours des frères et des amis.
Le maire de Bouaké, Fanny Ibrahima, vous a récemment déconseillé dans un journal de la place de partir. Il a même dit que ce serait suicidaire de votre part de créer une formation politique. Que lui répondez vous aujourd’hui ? C.A.N.Z : Je voudrais dire que le maire de Bouaké Fanny Ibrahima est un ami personnel et à ce titre, je pense que ce n’est pas à travers la presse que je parlerai surtout de lui. Quand nous allons nous retrouver, car nous savons le faire, il aura ma réponse. Mais en tout état de cause, je pense que Monsieur Dosso Babadé qui est le Secrétaire général du GDPCI a fait une mise au point assez polie et courtoise à ce sujet. Alors souffrez que je n’en dise pas plus.
Ok ! Mais votre parti n’est-il pas un appendice du FPI comme le pensent certains ? C.A.N.Z : Je pense que dire que le GDPCI est un appendice du FPI, c’est se méprendre sur ma personne et plus encore sur l’ensemble de ceux qui ont mis cette formation politique en place. Il faut que les Ivoiriens sachent que le GDPCI a un projet de société ambitieux pour notre pays et pour chacun des Ivoiriens. Si je devais avec tous les autres créer ce parti pour m’inféoder au FPI rien ne m’empêchait de déclarer directement que je suis, à partir d’aujourd’hui, militant du FPI. Non, je ne crois pas et les Ivoiriens pourront l’apprécier.
En Côte d’Ivoire, il existe plus de 144 partis politiques. Qu’est-ce que vous allez apporter de plus avec le GDPCI ? C.A.N.Z : C’est vrai qu’il y a une multitude de partis politiques dans notre pays. Sachez cependant que si les Ivoiriens continuent de créer des formations politiques, c’est d’abord parce que la loi le permet, mais aussi, je pense que celles existantes n’ont pas toujours suffisamment exprimé les préoccupations de nos compatriotes. De ce point de vue, nous pensons que nous allons apporter le Bien Vivre aux Ivoiriens. Nous pensons vraiment que les Ivoiriens méritent non seulement de vivre mais surtout de bien vivre et le GDPCI ambitionne de procurer à chaque Ivoirien sa part de bonheur.
Quels sont les personnes connues qui sont avec vous dans ce parti ? C.A.N.Z : Pour les personnes qui sont avec moi, je voudrais que les Ivoiriens les découvrent en action. Cependant, je voudrais dire que nous militons pour un GDPCI qui se construit et non qui ne vaut que par des noms qui s’y trouvent. N’oublions pas que nous croyons au travail mais le travail bien fait.
Ne craigniez-vous pas de connaître le même sort que la multitude de partis qui existent et qui n’arrivent pas à décoller véritablement ? C.A.N.Z : Je pense que tout le monde me connaît humble et modeste, mais pour cette question, je voudrais, en n’oubliant pas le plan de Dieu, dire que le GDPCI ne vient pas pour rallonger la liste des partis existants. Je prie Dieu que cela ne soit pas notre sort et le projet que nous avons pour notre pays et nos compatriotes me conforte dans cette conviction.
Quelles sont vos ambitions ? Allez-vous vous présenter à la présidentielle et aux élections locales ? Envisagez-vous de faire alliance avec d’autres formations politiques ? C.A.N.Z : Mes ambitions pour la Côte d’Ivoire et nos compatriotes sont tellement grandes que leur réalisation recommande que nous soyons à toutes les échéances. Cependant, ce sont les militants du GDPCI qui décideront si nous devons prendre part aux Présidentielles du 30 novembre prochain car nous ne sommes pas pressés et nous sommes pour la « real politique » ; ce qui veut que nous soyons réalistes. Donc, il ne s’agira pas de se présenter pour faire uniquement de la figuration. Pour les alliances, nous ne sommes pas demandeurs pour le moment, nous n’avons pas d’alliés naturels et nous ne sommes pas non plus fermés. Mais pour l’heure, il faut s’atteler à l’implantation du parti sur tout le territoire national. C’est cela la priorité.
Mise en ligne du site Internet : http://www.gdp-ci.org